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A Poitiers vide, à Poitiers plein

Lorsque je suis arrivé à Poitiers, il faisait gris. J'ai somnolé tout le long du trajet en TGV, mais entre mes paupières mi-closes, il m'a semblé voir de la brume suffoquer le paysage. Une brume épaisse et grise.
Il y a quelque chose d'à la fois calme et oppressant dans ce brouillard matinal. Comme si ce voile jeté sur toute chose, les ralentissait, enserrait leur vie jusqu'à les étouffer le temps d'un instant.
A la descente du train, le goudron était trempé. Il n'avait pas encore eut le temps d'absorber les pluies de la nuit passée. Des feuilles mortes détrempées jonchaient le sol, le rendant dangereusement glissant.

C'est donc dans cette lumière automnale que j'ai grimpé la côte menant au centre ville. Puis, comme l'amie chez qui je devais apporter des croissants avait eut un empêchement, je suis allé au Gambetta.
Pour ceux qui ne connaitraient pas Poitiers, le Gambetta est l'un de ces bars / pub assez classes où se réunissent souvent les étudiants en droit ou en notariat. Les sièges sont en simili-cuir vert. En plus d'être assez beau dans le sens bourgeois du terme, ils sont fort confortables. Les murs sont couverts de boiseries et de fausses bibliothèques.
Je m'assois juste à côté d'une grande baie vitrée. De là où je suis, je vois les gens défiler sur la place du palais de justice. Ils sont pressés. Pressés de rentrer chez eux, d'aller au travail ou peut-être, pour certain, de rejoindre leur amants.
Une jeune femme passe. Elle est habillée d'un mini-short ostensiblement marron et porte des collants (ou peut-être sont-ce des bas) carrément noir. Plus tard un homme fera les cents pas au moins quinze minutes devant la vitrine du bar avant de se mettre à héler quelqu'un à une fenêtre. Étrange. Mais pas autant que le fait que je partage avec vous des détails aussi négligeables.

Moi, je bois un chocolat viennois. Devant moi, un vieux cahier de brouillon est ouvert. Ses lignes se recouvrent doucement d'une courte nouvelle. Je regarde à nouveau par la fenêtre.
Nom-de-lui-si-j'y-croyais, qu'est-ce que j'aime écrire. Certains pourront dire que pour un scribouillard, je fait tout de même beaucoup de fautes d'orthographe. A ceux là je répondrais : oui ! Mais et les jeux paralympiques ? Ce n'est pas parce qu'on est handicapé qu'il faut se donner des limites[1].
Bon d'accord je ne suis pas totalement handicapé de l'orthographe. Mon problème serait plus d'ordre tête en l'air. J'écris mes articles, je les survole et les poste sans scrupule. C'est le jeu du blog : des textes éphémères pas toujours soignés dans la forme. En tout cas c'est le mien, de jeu.

Bon trêve de plaisanterie, j'ai la tête à peu près au niveau rectal car je viens de me réveiller après m'être endormi en sursaut pendant une petite heure. De ce fait, je baille, je somnole et je tergiverse. Il est donc temps pour moi d'aller me reposer. Bien à vous.

Colin

[1] et puis quoi encore ! J'ai toujours admiré ces gens amputés ou paralysés qui se démènent pour faire ce qu'ils aiment. (D'ailleurs au cinéma ce soir, une sorte de publi-reportage sur un prof' de surf amputé tibial a été diffusé...).

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