Je commence ce billet à 01h13 du matin. Des écouteurs enfoncés dans mes oreilles diffusent Sabrina de Einstürzende Neubauten. L'une des plus belles chanson d'amour à mes yeux. Ce seul petit indice devrait suffire à vous faire comprendre que je suis d'une humeur vaporeuse. J'ai l'impression de flotter entre deux mondes. Ni totalement euphorique, ni complètement dépressif mais un mélange des deux. Mélancolique serait peut être le mot.
Mélancolique des heures passé en cours à écouter les professeurs, ou à somnoler d'avoir trop fait la fête ou tout simplement d'avoir trop veillé.
Mélancolique de mes amis que je ne vois pas aussi souvent que j'aimerai. Je vois leur visage, j'entends leurs voix et je ressent leur présence alors qu'ils sont loin. C'est un peu la persistance rétinienne de l'âme. Si l'âme existait et qu'elle avait des yeux. Pour être tout à fait honnête le béotien hérétique que je suis doute tant de l'existence de l'âme que de sa capacité à voir quoi que ce soit.
D'ailleurs, et en tout honnêteté, si j'avais une âme, est-ce que j'écrirais un tel blog ? Je ne crois pas.
Je ne crois pas non plus que j'écrirais des films de genre.
Mais laissons là mon âme, ou plutôt mon absence d'âme pour nous consacrer à des sujet bien plus important. Aujourd'hui. Non hier, aujourd'hui c'est déjà demain, surtout vu l'heure qu'il est. Hier, disais-je donc, emporté par mes considérations chronomaniaque, un évènement s'est inscrit dans l'une des pages de cet espèce d'annuaire puant qui dégouline de merde et de sang, qu'on appelle l'histoire. Cet évènement, vous le connaissez déjà. Tout la planète l'a suivit de près. De presque aussi près qu'une finale de coupe du monde de football. Je me demande d'ailleurs pourquoi les chaînes de télévision ne se sont pas entredéchirée pour savoir qui diffuserait la finale des élections américaines. Car c'est bien de cela dont il s'agit. Vous ne pouvez l'ignorez, c'est écrit sur tout les journaux, tout les murs, c'est énoncé sur toutes les radios, le nouveau président américain est un noir ! Nom de dieu ! Vous vous rendez compte !!! UN NOIR !
Le seul fait que la campagne fût principalement axée sur la pigmentation cutanée du candidat montre qu'il y a un problème. Un problème de mentalité.
Monsieur Obama est un homme, politique certes, mais un homme avant tout. Alors faudrait voir à arrêter de nous moudre les roustons avec des considérations aussi bassement matérialistes. Imaginez la gueule de ceux qui nous rabattent les oreilles de leur « premier président noir de l'histoire de l'Amérique... » si Obama avait été, en plus d'être noir, femme et homosexuelle.
Et puis franchement, ça fait des années qu'au Botswana ils ont des présidents noirs, et ils nous cassent pas les pieds avec ça.
Ça vous fait grincer des dents ? Vous aimez le politiquement correct et le mou du glandisme ambiant vers lequel on tend tous et toutes par fainéantise ? Je ne vous félicite pas.
Pas plus que les deux jolies nanas qui se sont trémoussées devant moi en souriant avant que je ne sorte du métro ce soir. Y a des gens bizarre dans cette ville, je vous jure.
Mais ne crachons pas (trop) dans la soupe, c'est déjà un premier signe de changement que cette élection. La preuve qu'il y a des gens qui se réveillent en se disant « et si j'arrêtais d'être con et que je me sortais les doigts de l'anus ? »
Bon, c'est pas souvent que je parle de politique ici. D'abord parce que je m'en fout, et ensuite parce que ce n'est pas le sujet de ce blog. Pourtant dans le cas présent, il m'a semblé difficile de passer à côté. Parce que pendant quelque jour, la terre entière s'est sentie américaine. Tellement américaine en fait, que l'on a cru un instant que nous aussi nous pourrions voter. C'est quand même drôle parce que même ceux qui disaient « ces salauds d'américains avec leur histoire de 200 ans, leur musique de merde, et leurs films à la con », même ceux là se sont senti pousser des ailes pour Obama.
Ça se retourne vachement bien une veste finalement.
Colin
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