Je ne vous mentirai pas en disant que je me suis levé à 6 heures ce matin, que j'ai bu un jus d'oranges que j'avais pressées moi même et que je suis sorti faire 2 heures de footing. C'est faux. Je me suis levé une première fois vers 9h30 puis recouché de 11h à 14h. Oui, je vous le confirme, j'ai fait la loque ultime. Mais que voulez vous, depuis ce matin, je suis bercé du bruit de la pluie qui frappe les vitre, et de celui du vent qui s'engouffre partout. Pour résumer simplement la situation : dehors il fait un temps de fin du monde. Et la fin du monde je préfère la passer au chaud, tranquille. D'ailleurs je vais faire des muffins. Les muffins c'est la nourriture idéale pour les journées de fin du monde. C'est doux, chaud, et agréable. Ça réchauffe le corps et l'âme (si tant est que l'âme existe, comme déjà argumenté en ces lignes quelques jours plus tôt).
Les muffins c'est un peu mon dada. J'aime autant les manger que les faire. C'est simple (pour peu que vous ayez les moules et un four maitrisable, pas l'un de ses machins atomiques qu'il faut programmer pendant une heure, et qui vous permettent de manger des aliments mal cuits) et rapide. Un délice pour toute la famille.
17h23. Il fait presque nuit. Pour un dimanche, ç'en est un particulièrement sordide. Quelle horreur ! Qu'est-ce que je hais les dimanches. Vous le saviez déjà, mais il me semble nécessaire d'en rajouter une couche. Parce que décidément le dimanche c'est un peu vivre le jour du jugement dernier une fois par semaine. Si vous préférez, c'est comme si on vous enterrait vivant pour vous sortir de votre tombe le lundi matin à grands coup de pied au cul.
En général, le dimanche, vous marinez dans votre pyjama à vous demander pourquoi vous ne sortiriez pas. Si vous êtes un homme, il est de forte chance pour qu'entre deux interrogations, vous vous grattiez nonchalamment les testicules. Finalement la réponse s'impose d'elle même : parce que c'est dimanche. Et que le dimanche, c'est un jour à ne pas mettre un catholique dehors.
D'ailleurs, et sans aucune transition, hier samedi, je me suis fait littéralement agresser par une mère entre deux âges. Je dis entre deux âges, car elle n'était ni jeune ni belle. Les rues de Poitiers étaient pleines de gens, et la génitrice promenait fièrement le résultat de ses neufs mois de gestation dans une immonde poussette recouverte d'un linceul en plastique à demi transparent pour éviter que le rejeton criard ne s'imbibe d'eau pluviale. Afin de ne pas marcher sur les passants hagards, pressés de rentrer chez eux pour échapper à l'infecte bruine, je slalomait entre eux avec ma petite amie. Malheureusement, je n'ai pu respecter la distance règlementaire qui doit toujours séparer un jeune individu d'une mère couveuse. En deçà de 15 mètres la matrone se sent agressée, et contre attaque. C'est un phénomène très courant, connu sous le nom de l(a) harpie contre attaque. La pondeuse se met alors à me pilonner les tympans de sa voix complètement quelconque : « bah vas y, marche sur ma poussette. »
Faquine ! Si t'es pas contente tu n'sors pas ton gnome en pleine heure de pointe piétonne, et tu fais comme tout le monde, t'attends le dimanche pour sortir ta bestiole.
Colin
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