Comme hier, je vais vous agacer les méninges d'un de ces vieux poèmes que j'ai conservé dans un fichier de mon ordinateur. Finalement c'était pas si loin l'adolescence. En faisant cela, j'aimerai que vous compreniez, que je ne me gargarise pas de mon talent (si tant est que j'en aie un). Ce poème vaut ce qu'il vaut. Je ne le renie pas non plus. J'ai toujours eu en horreur ceux qui reniaient leurs créations [1], comme pour s'excuser de quelque chose. Quelle connerie. Lorsque l'on créé, aussi modeste soit le résultat, c'est une partie de nous même que l'on arrache de son être. Tout cela pour vous dire, qu'en vous montrant ce troisième poème, je me mets à nu devant vous.
Une dernière chose. Veuillez écouter le titre de Navet Confit lors de votre lecture. C'est celui que je suis en train d'écouter à l'instant même, et je l'aime ce morceau. Il touche du doigt le sublime. Tant que je vous tiens, j'adresse cette chanson à quelqu'une de spéciale.
Découvrez Navet Confit!
Dehors il fait froid.
Je souffle sur la vitre glacée,
Je dessine du bout des doigts,
Sur le verre, à même la buée.
C’est ton visage que je vois,
Quelques mèches, un sourire,
Des pleurs et des larmes parfois.
Rien que je ne puisse guérir.
T’es belle comme un soupir,
Comme la neige sur les sapins,
T’es belle comme un souvenir,
Celui dans lequel on se tien la main.
Tu n’existe pas, alors je t’imagine,
Comme dans ces films où le héros meurt à la fin,
Toi tu pleures, moi je te câline,
On sort du cinéma, un mouchoir dans la main.
Tous ces souvenirs avec toi,
Ces petits riens qui me font t’aimer,
Ton regard qui me met en émoi,
Ces choses que je ne fais qu’imaginer.
T’es belle comme un soupir,
Comme la neige sur les sapins,
T’es belle comme un souvenir,
Celui dans lequel on se tient la main.
Ce matin je me suis réveillé,
Quelque chose me manquait,
Et je me suis mis à pleurer,
C’était toi que je voulais.
Dehors il fait toujours aussi froid.
Je souffle sur la vitre glacée,
N’y reste que la trace de mes doigts,
Ton visage s’est effacé.
T’es belle comme un soupir,
Comme la neige sur les sapins,
T’es belle comme un souvenir,
Celui dans lequel on se tien la main.
Colin
[1] entendons nous bien, je parle des véritables créations, pas des œuvres que l'on vous arrache des mains pour les transformer, les polir, les tailler pour un public.


